{"no_reportage":"Paraguay_2359849","string_key":"Docpix","created_at":"2017-07-01T17:46:58.000+02:00","updated_at":"2017-07-01T17:46:58.508+02:00","prem_photo":1080821530,"nb_photo":52,"rep_date":"2014-09-11","rep_titre":"VERS LA VILLE DES BLANCS (PARAGUAY) de Giada Connestari 2014","rep_texte":"Avant l'arrivée de l'homme blanc, Chaco était une région non-contaminée couverte par la forêt. Quatorze groupes ethniques autochtones y habitaient. Ils vivaient en chassant, récoltant des fruits, du miel et des plantes médicinales, pour se déplacer d'un lieu à l'autre suivant la rime des saisons et le régime pluviométrique. Une mythologie complexe explique très précisément comment maintenir cet équilibre parfait entre la nature et l'humanité.\r\n\r\nLa première colonisation a eu lieu au début des années 30 par un groupe de mennonites venant de Russie. Quelques années plus tard, Chaco est devenu le théâtre d'une guerre entre le Paraguay et la Bolivie et une épidémie violente de variole provoquée par des soldats a tué près de la moitié de la population indigène en moins d'un mois. À la fin de la guerre, les Mennonites étaient bien établis: ils occupaient les points stratégiques d'accès à l'eau et construisaient des enclos pour marquer leurs propres propriétés foncières, en développant au fil du temps un modèle d'entreprise ranch s'adaptant à un climat semi-aride. Tout à la fois, différents groupes de missionnaires sont arrivés à Chaco pour répandre leur propre religion et leur civilisation et amener les indigènes hors de la forêt. À la fin des années 50, après vingt ans de résistance culturelle et territoriale, la plupart des communautés autochtones ont été baptisées et ont quitté la forêt pour embrasser le mode de vie des colonisateurs.\r\n\r\nAu cours de la dernière décennie, la montée du marché mondial de la viande a transformé la région en un des plus importants producteurs mondiaux de vache, exportés principalement en Russie et au Chili. Les indigènes ont déplacé et résident dans des réserves loin de leurs territoires ancestraux qui ont été pour la plupart déboisés et destinés à l'élevage de bétail. Forcés de devenir sédentaires et confinés dans une «réserve indienne», les communautés autochtones ont perdu tout leur moyen de subsistance traditionnel. De nos jours, les indigènes travaillent comme ouvriers pour les propriétaires fonciers. La transmission orale de leur propre culture a été interrompue puisque toutes leurs connaissances étaient strictement liées à un monde naturel qui disparaît. Sans chances d'expérimenter le mode de vie forestier ni le chamanisme, les jeunes générations sont encore plus attirés par les costumes de l'Ouest qui ont été introduits massivement dans leur vie quotidienne.\r\n\r\nExpropriés de leurs propres territoires en raison des intérêts économiques sur les ressources naturelles, les civilisations autochtones, toujours liées à la nature, risquent d'être éteintes en faveur de la modernité.\r\n\r\nReportage photographique de Giada Connestari http://www.giadaconnestari.com/","signatur":"© Giada Connestari/docpix.fr","ids":[1080821530,1080821529,1080821527,1080821524,1080821520,1080821518,1080821507,1080821502,1080821493,1080821491,1080821489,1080821482,1080821481,1080821471,1080821467,1080821462,1080821461,1080821460,1080821459,1080821457,1080821456,1080821454,1080821451,1080821446,1080821443,1080821432,1080821430,1080821424,1080821422,1080821420,1080821419,1080821418,1080821417,1080821416,1080821415,1080821414,1080821413,1080821412,1080821411,1080821410,1080821409,1080821408,1080821407,1080821406,1080821405,1080821404,1080821395,1080821394,1080821385,1080821376,1080821362,1080821359]}