{"no_reportage":"Anfal_2500367","string_key":"Webistan","created_at":"2017-09-20T10:30:53.000+02:00","updated_at":"2017-09-20T10:30:53.797+02:00","prem_photo":1086614648,"nb_photo":50,"rep_date":"2017-09-20","rep_titre":"Les chagrins d'Anfal","rep_texte":"Mémoires des campagnes génocidaires menées par Saddam Hussein \r\nà l’encontre du peuple kurde\r\n\r\nLe Kurdistan irakien, en marche vers son autonomie, porte les traces d'une histoire tissée de violences à l'encontre du peuple kurde. Parmi elles, les politiques d'extermination des populations chiites et kurdes menées en 1987 et 1988 par le régime irakien, appelées désormais les campagnes génocidaires \"Anfal\". \r\n\r\nLes Anfals, ou le génocide kurde\r\n\r\nDans la vallée du Balisan, dès 1987, un raid à l'arme chimique s'abat sur les populations qui ignorent encore l'ampleur des desseins meurtriers de Saddam Hussein pour le peuple kurde. Nous sommes à l'aube d'une ère meurtrière, qui culminera de février à septembre 1988, avec huit Anfals (butin de guerre, ainsi nommées d'après une sourate du Coran). Durant cette période et dans un silence assourdissant de la communauté internationale, Human Rights Watch rapporte que 90 % des villages de la région sont rayés de la carte, 1 754 écoles, 270 hôpitaux détruits, auxquels s'ajoutent plus de 180 000 civils tués.\r\nLes quelques 200 000 soldats irakiens affectés aux Anfals se déploient selon l'orchestration bien connue des génocides : offensives terrestres, bombardements aériens, destructions systématiques de zones d'habitation civile, déportations massives, mise en place de camps de concentration, et recours massif aux armes chimiques, pourtant prohibées par la convention de Genève de 1925.\r\nLes kurdes voient leurs villages anéantis et pleurent leurs proches disparus ensevelis dans des fosses communes. Au-delà de la mort, leurs noms mêmes sont emportés par les violences indicibles de l'expansionnisme irakien.\r\n\r\nAbsents et vivants : l'hommage à la vie retrouvée\r\n\r\nDepuis 1988, les familles endeuillées ont entamé le lent travail de reconstruction intérieure et extérieure, redonnant vie aux bâtisses fauchées par le brouillard des armes chimiques, et se réunissant chaque année dans un devoir de mémoire collectif, pour ne rien oublier des exactions subies. \r\nÀHalabja, des drapeaux noirs recouvrent les pierres tombales des kurdes d’Anfal avec le nom d'Abdul Kader, dernier survivant de l’attaque, mort depuis. A Souleymanye, le Musée Amna Suraka s’éclaire de 180 000 lumières éternelles, et témoigne des tortures subies par les Peshmergas et les populations civiles.\r\nAilleurs, certaines femmes ayant perdu leur père, fils, frère, époux, portent le deuil à vie. Des larmes creusées sur les visages endeuillés, s'estompent à mesure que le temps passe, et que les générations nouvelles réinvestissent la vie. Alors, chaque Nowrouz, premier jour du printemps, est l'occasion d'un pique-nique familial, pour se recueillir dans le cimetière dédié. Partout, au Kurdistan irakien, résonne pour longtemps le désir de mémoire.\r\n","signatur":"© REZA","ids":[1086614648,1086614610,1086614636,1086614628,1086614565,1086614445,1086614436,1086614451,1086614460,1086614446,1086614470,1086614465,1086614489,1086075496,1086614480,1086614502,1086614509,1086614530,1086614537,1086614542,1086614520,1086614559,1086614549,1086614567,1086614580,1086614588,1086614450,1086614456,1086614467,1086614438,1086614482,1086614477,1086614497,1086614490,1086614517,1086614526,1086614508,1086614535,1086614546,1086614581,1086614592,1086614435,1086614463,1086614453,1086614493,1086614472,1086614484,1086614504,1086614512,1086614500]}