{"no_reportage":"BerlinExpress_3637969","string_key":"Signatures","created_at":"2019-06-19T11:34:33.385+02:00","updated_at":"2019-06-19T11:34:34.494+02:00","prem_photo":1111778988,"nb_photo":27,"rep_date":"2019-06-19","rep_titre":"Berlin Express","rep_texte":"16 novembre 1989. Le mur de Berlin est tombé depuis une semaine. Personne ne sait vraiment ce qui va se passer, s’il va se refermer, si l’URSS va intervenir, moins encore si l’Allemagne va se réunifier. Le monde retient son souffle. Il est 19h, mon téléphone sonne.\r\n\r\n- Patrick? On a loué une voiture, on part à Berlin ce soir. Il reste une place. Tu viens?\r\n\r\nEt c’est ainsi que je me retrouve entassé dans une minuscule Citroën AX en compagnie de trois amis, Caroline, Sylvain et Pierre, et que nous traversons dans la nuit la moitié de l’Europe pour atteindre Berlin au petit matin. Je déambule, un vieux Leica déglingué et un appareil panoramique de la marque soviétique Horizon en bandoulière, alimentés par des films que j’embobine moi-même et qui créent parfois d’hasardeuses surimpressions.\r\n\r\nNous passerons 48 heures aux pieds du mur. Les Allemands de l’est reçoivent 100 DM des banques allemandes, ils font la queue pour qu’on leur distribue des saucisses, des bananes, des oranges, vendent leurs breloques socialistes aux Puces, se précipitent pour acheter du maquillage ou des cigarettes de l’ouest, tandis que les grues enlèvent leurs Trabant mal stationnées et que le mur ressemble chaque jour un peu plus à un gruyère, tant chacun s’acharne avec un marteau à en détacher un morceau en souvenir.\r\n\r\nDe liesse, il n’y a guère. Surtout de l’attente, et une fièvre acheteuse difficilement contenue.\r\n\r\nÀ Paris, les pages des magazines débordent d’images de la chute du mur. J’arrive après la bataille. Du coup, je n’essaie pas de proposer mon travail. Je développe mes films, ne fais sur le moment même pas de planche-contact et me contente d’archiver les négatifs.\r\n\r\nUn an plus tard, j’intègre l’agence Editing. Le monde bouge en tous sens, l’URSS s’effondre, la chute du mur, c’est déjà de l’histoire ancienne.\r\n\r\nCes images oubliées n’intégrerons même pas le fond photo de l’agence. Je les retrouve 30 ans plus tard grâce à l’opiniâtreté de Marie-Berthe Ferrer qui m’accompagne depuis toujours et qui a exhumé ces photographies, inédites, jamais publiées, de mes archives.\r\n\r\nPatrick Bard ","signatur":"© Patrick BARD / SIGNATURES","ids":[1111778988,1111778991,1111778999,1111779010,1111779020,1111779025,1111779028,1111779030,1111779031,1111779033,1111779036,1111779040,1111779046,1111779052,1111779058,1111779063,1111779072,1111779078,1111779084,1111779088,1111779092,1111779100,1111779103,1111779107,1111779116,1111779184,1111779191]}