{"no_reportage":"Calaveras_4988468","string_key":"Signatures","created_at":"2021-03-30T10:28:47.308+02:00","updated_at":"2021-03-30T10:28:49.365+02:00","prem_photo":1152706765,"nb_photo":48,"rep_date":"2021-03-30","rep_titre":"Calaveras par Patrick Bard","rep_texte":"En Octobre 2016, au moment d’embarquer pour Mexico où j’étais l’invité d’un festival, j’ai appris le suicide de mon meilleur ami. Je n’ai guère de souvenirs des jours suivants. J’errais dans la ville, au hasard. La Fête des morts, la plus importante et la plus joyeuse des célébrations mexicaines, approchait. Des autels dédiés aux défunts étaient inaugurés. Peu à peu, les Mexicains commençaient à sortir dans les rues, grimés en cadavres. J’avais sur moi un petit boîtier, même si je n’avais pas prévu de réaliser des images. J’ai commencé à photographier la mort en fête, systématiquement.\r\nDe retour en France, j’ai compris que je venais en réalité d’initier un travail photographique, et qu’il me faudrait revenir. Ce que j’ai fait, trois ans durant. J’ai ainsi compris que la perception mexicaine de la mort m’avait aidé à faire le deuil de mon ami. En effet, si la mort a un passeport, c’est forcément un passeport mexicain, à en croire Octavio Paz qui écrit: « Les Mexicains jouent avec la mort, couchent avec, elle est leur plus grand amour et leur plus grande passion ».\r\nAu fil du temps, j’ai réalisé des images de rue, d’objets rituels liés à la mort, des photos d’autels de défunts, de crânes et de murs de temples pré-hispaniques, j’ai glané des photographies vernaculaires d’enfants morts pour assembler le tout en une série de palimpsestes où se superposent les visions du monde préhispanique et du monde colonial, l'une demeurant toujours visible sous l'autre. La logique qui sous-tend le travail en couleur est celle de la peau, qu’il s’agisse de la superposition d’images ou des photographies apposées sur des crânes. Remettre de la peau sur l’os, comme pour filer la métaphore mexicaine en photographie: faire de la vie avec la mort. J'ai également réalisé une série en noir et blanc de la Fête des morts et les cimetières en liesse en suivant un protocole de photographies de rue.","signatur":"© Patrick BARD / SIGNATURES","ids":[1152706765,1152706769,1152706774,1152706778,1152706779,1152706780,1152706781,1152706783,1152706782,1152706784,1152706785,1152706786,1152706787,1152706788,1152706789,1152706790,1152706800,1152706803,1152706810,1152706811,1152706812,1152706814,1152706822,1152706825,1152706835,1152706836,1152706842,1152706843,1152706861,1152706897,1152706930,1152706956,1152706960,1152706970,1152706985,1152706994,1152707009,1152707017,1152707026,1152707039,1152707072,1152707107,1152707123,1152707138,1152707170,1152707173,1152707183,1152707199]}